Résumé
Lotier corniculé (Québec/Est du Canada)
- Quoi : légumineuse vivace idéale pour les sols mal drainés et légèrement acides.
- Rendement & qualité : productif surtout en sols lourds; très productif en mélange avec des graminées (fléole, pâturin, dactyle); qualité optimale au stade début–mi-floraison.
- Performances animales : lait légèrement en hausse selon les rations; bons gains des bouvillons au pâturage; sécurité accrue grâce à l’absence de ballonnement.
- Tannins condensés : zéro ballonnement au pâturage; protègent les protéines dans le rumen, réduisent l’NH₃ et l’azote urinaire, et améliorent la conservation en ensilage.
- Implantation & gestion : installation lente et sensible à la compétition (semis peu profond 1–2 cm, inoculation Rhizobium, semer avec graminées peu compétitives); 1ʳᵉ coupe tardive l’année d’implantation; ensuite intervalle ~6 semaines et 7–10 cm de chaume; laisser monter en graines tous les 2–3 ans pour la pérennité.
- Cultivars : prostrés (pâturage : Empire, Fergus, Leo), semi-dressés (usage mixte : Dawn, Norcen, Mackinaw), dressés (foin : Viking, Maitland).
- Pour qui : producteurs du Québec et de l’est du Canada cherchant résilience, rendement fiable en milieux humides et réduction des pertes d’azote.
Le lotier corniculé : une légumineuse aux multiples atouts pour prairies et pâturages
Moins connu que la luzerne ou le trèfle, le lotier corniculé (Lotus corniculatus L.) mérite une place de choix dans les systèmes fourragers. Deux traits le distinguent : sa tolérance aux sols faiblement acides et mal drainés, et la présence de tannins condensés qui réduisent le risque de ballonnement tout en améliorant l’efficience de l’azote et certains paramètres de fermentation des ensilages.
1) Portrait agronomique
Légumineuse vivace haute de 30 à 75 cm (selon cultivar et conditions), le lotier présente des tiges fines et donc un risque de verse plus élevé que luzerne et trèfles. Il supporte mieux les sols légèrement acides et les conditions de drainage imparfait, pourvu qu’on évite la formation de glace de surface. Son enracinement, moins profond que celui de la luzerne, explique une tolérance à la sécheresse un peu inférieure. Atout majeur en pâturage : il ne provoque pas de ballonnement, un avantage-clé pour les bovins et ovins.
2) Rendement et valeur nutritive
Rendement comparatif. Des essais au Vermont (culture pure) montrent des rendements similaires entre espèces à la première coupe, mais un avantage à la luzerne aux 2e et 3e coupes. Fait notable : le lotier maintient un rendement stable quel que soit le drainage, alors que la luzerne exprime mieux son potentiel en sols bien drainés. Autre atout : la cicadelle de la pomme de terre, ravageur nuisible à la luzerne, n’affecte pratiquement pas le lotier, qui affiche des dommages quasi nuls dans les évaluations, contre des niveaux notables chez luzerne et trèfles (Darby et al., 2019).
Figure 1 : Relation entre les espèces de légumineuse et le numéro de coupe sur le rendement en matière sèche (tonne/acre) (Darby et al., 2019).
Figure 2 : Rendement en tonne de MS des différents types de légumineuses selon le type de drainage (Darby et al., 2019).
Tableau 1 : Sévérité des dommages causés par la cicadelle de la pomme de terre sur une échelle de 0 à 5 selon la composition botanique de la prairie à la première coupe (Darby et al. 2019).
| Espèce | Légumineuse (% MS) | Graminées (% MS) | Mauvaises herbes (% MS) | Dommages (échelle 0–5)† |
| Luzerne | 60,7 | 30,9 | 8,37 | 2,30 b‡ |
| Lotier corniculé | 61,7 | 31,4 | 6,93 | 0,200 a |
| Trèfle rouge | 58,7 | 33,7 | 7,58 | 2,24 b |
| Trèfle blanc | 54,9 | 33,3 | 11,7 | 3,48 c |
| Différence significative | NS | NS | NS | < 0,0001 |
| Moyenne de l’essai | 58,9 | 32,3 | 8,87 | 2,37 |
Mélanges légumineuse-graminée. En régie de coupes fréquentes au Québec et en Nouvelle-Écosse, le lotier combiné au brome des prés ou à la fléole des prés a surpassé luzerne et trèfle blanc dans les mêmes associations (Bélanger et al., 2018). En prairies mixtes sur sols imparfaitement drainés, c’est un argument de poids.
Figure 3 : Rendement mesuré selon le binôme formé entre une légumineuse (lotier corniculé, luzerne et trèfle blanc) et une graminée (brome des prés, fléole des prés, fétuque élevée, pâturin des prés, fétuques des prés, et dactyle pelotonné) en régie de coupe et de pâturage (Bélanger et al., 2018).
Valeur nutritionnelle. La qualité du lotier décroît plus lentement avec la maturité que celle de la luzerne : sa teneur en protéines, élevée mais légèrement inférieure à la luzerne, reste intéressante plus longtemps. Comme pour toutes légumineuses, protéines en baisse et fibres en hausse avec l’âge phénologique ; viser la récolte au stade début à mi-floraison maximise l’équilibre qualité/rendement tout en offrant une fenêtre de coupe un peu plus large.
Figure 4 : Variation de la valeur nutritionnelle du lotier en fonction de la maturité (Undersander et al., 1993).
3) Ensilage et digestibilité
Les tannins condensés du lotier modulent la fermentation : des synthèses indiquent que leur augmentation s’accompagne de concentrations moindres d’acide butyrique et d’ammoniac (NH₃-N), signe de pertes d’azote réduites et d’une fermentation plus « propre » (Jayanegara et al., 2018). Dans le rumen, les tannins lient les protéines, ralentissent leur dégradation et favorisent une meilleure efficience de l’azote (plus de protéines qui « échappent » au rumen et sont digérées dans l’intestin).
À fortes concentrations (> 50 g/kg MS), les tannins peuvent toutefois réduire la digestibilité globale (Jayanegara & Palupi, 2008). Globalement, la digestibilité de la matière organique du lotier est souvent légèrement inférieure à celle de la luzerne, mais la meilleure valorisation des protéines et la réduction des pertes azotées compensent en partie.
Figure 5 : Effets des tannins sur les concentrations d’acide butyrique et d’ammoniac (NH3-N) dans l’ensilage (adaptée de Jayanegara et al., 2018).
4) Performance animale
Lait. En coupes fréquentes, des travaux d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (Bélanger et al., 2018) montrent que des rations intégrant du lotier soutiennent une production laitière supérieure à des rations équivalentes à base de luzerne ou de trèfle blanc, quelle que soit la graminée compagne. En culture pure, plusieurs synthèses rapportent des productions de lait comparables, parfois supérieures, avec lotier ou trèfle blanc versus luzerne, sans altérer les composantes majeures du lait. Le niveau de tannins compte : avec des teneurs plus élevées (sans excès), on observe souvent un léger gain sur le lait (kg/j), le gras (kg/j) et le ratio N-lait/N-ingéré.
Figure 6 : Production de lait estimé selon le binôme formé entre légumineuses (lotier corniculé, luzerne et trèfle blanc) et les graminées (brome des prés, fléole des prés, fétuque élevée, pâturin des prés, fétuques des prés, et dactyle pelotonné) en régie de coupe et de pâturage (Bélanger et al., 2018).
Bovins de boucherie. En été, lorsque les graminées ralentissent, le lotier soutient mieux les gains. À Nappan (N.-É.), sur cinq ans, des pâturages complexes incluant du lotier ont produit ~40 % de gain/ha en plus que des systèmes comparables bâtis sur la luzerne (Bélanger et al., 2018). Au Missouri, l’introduction du lotier dans des prairies fertilisées à l’azote a aussi augmenté les gains quotidiens.
Figure 7 : Gain de poids à l’hectare obtenu avec huit mélanges complexes, formés d’une légumineuse et de trois ou quatre graminées, pâturé à Nappan (N.-É.). Moyenne des cinq années suivant le semis (2011-2015). FLp : Fléole des prés, FEp : Fétuqye des prés, Pp : Pâturin des prés, Fe : Fétuque élevée, Ar : Alpiste roseau, Bp : Brome des prés, Dp : Dactyle pelotonné (Bélanger et al., 2018).
Sécurité au pâturage. Contrairement à luzerne et trèfle, le lotier ne cause pas de ballonnement grâce à ses tannins (McMahon et al., 2000), qui limitent mousse et substances visqueuses dans le rumen. Résultat : une fenêtre d’utilisation au pâturage plus large et moins de gestion de risque.
Parasitisme. Les tannins ont également des effets antiparasitaires : plus la concentration (g/kg MS) augmente, plus la réduction d’excrétion d’œufs de parasites gastro-intestinaux est importante. Ce n’est pas un « traitement », mais un coup de pouce utile si la gestion du pâturage (rotation, hauteurs, chargement) est cohérente.
5) Effets environnementaux
Au-delà des performances animales, les tannins du lotier modulent le devenir de l’azote. Une méta-analyse de 58 études rapporte ~16 % de baisse d’ammoniac ruminal et ~11 % de baisse d’azote urinaire quand des tannins sont présents, avec une part plus grande d’azote excrété dans les fèces (Herremans et al., 2020). C’est avantageux : l’azote urinaire se volatilise rapidement en NH₃ ou se transforme en N₂O (GES puissant), alors que l’azote fécal est relâché plus progressivement, ce qui limite pertes et pollution.
6) Implantation et gestion
Avant de semer. L’année précédant l’implantation :
• Assainir les vivaces problématiques.
• Corriger le pH si besoin (cible ≥ 6,0).
Semis et première année.
• Lit de semences bien préparé, sol ≥ 10 °C.
• Profondeur 1–2 cm, excellent contact sol-graine.
• Graminées compagnes peu compétitives (p. ex. fléole, pâturin).
• Inoculation spécifique Rhizobium pour une bonne fixation de N.
• Première année :
– 1re coupe quand les graminées atteignent ~20–25 cm.
– Attendre la pleine floraison du lotier avant de récolter (favorise l’enracinement).
– Éviter de faucher après le 15 août s’il n’a pas fleuri.
Années suivantes (fauche).
• 1re coupe au début floraison, puis coupes à mi-floraison espacées d’environ 6 semaines.
• Laisser un chaume de 7–10 cm pour soutenir la repousse.
• Laisser monter en graines tous les 2–3 ans pour prolonger la longévité.
• Prudence en coupes automnales : réserves racinaires plus faibles que chez la luzerne.
Pâturage.
• Profiter de l’absence de ballonnement pour des rotations plus souples.
• Entrer à hauteur suffisante (optimiser l’ingestion), sortir assez haut pour préserver les points de croissance.
• En été, le lotier stabilise l’ingestion lorsque les graminées ralentissent.
Fertilité et sol.
• Comme légumineuse, le lotier fixe l’azote : réduire les apports minéraux selon les objectifs.
• Suivre pH, P et K ; assurer une structure favorable (drainage, absence de compaction). Des interventions de drainage/décompaction peuvent être nécessaires en sol hydromorphe.
7) Cultivars disponibles
Trois grands types :
• Prostrés (Empire, Fergus, Leo) : port bas, très adaptés au pâturage prolongé.
• Demi-dressés (Dawn, Norcen, Mackinaw) : compromis fauche/pâturage, bonne tolérance aux maladies.
• Dressés (Viking, Maitland) : plus productifs en foin/ensilage, moins persistants au pâturage.
Le choix dépend de l’usage dominant (fauche vs pâturage), du sol et des risques climatiques (gel, épisodes de glace).
8) Points clés à retenir
• Sols : avantage net en drainage imparfait ou pH légèrement acide, si on évite la glace de surface.
• Rendement : parfois inférieur à la luzerne en culture pure multi-coupes, mais très compétitif — voire supérieur — en mélanges avec brome ou fléole sous coupes fréquentes.
• Qualité : baisse plus lente avec la maturité ; fenêtre de récolte élargie.
• Ensilage : fermentation plus stable, moins d’ammoniac et d’acides indésirables ; surveiller les niveaux de tannins très élevés.
• Animal : pas de ballonnement ; bonnes performances laitières et de croissance, surtout en été.
• Ravageurs : peu attaqué par la cicadelle de la pomme de terre.
• Environnement : meilleure efficience de l’azote et pertes urinaires réduites.
• Gestion : implantation plus délicate (lenteur initiale), compagnes peu agressives, hauteurs et intervalles de coupe à respecter.
Conclusion
Le lotier corniculé est une option stratégique pour diversifier prairies et pâturages, particulièrement en sols mal drainés où la luzerne exprime moins son potentiel. Sa combinaison unique — rendements stables en conditions humides, sécurité au pâturage (sans ballonnement), effets bénéfiques des tannins sur l’efficience de l’azote et la fermentation des ensilages — en fait un levier de résilience technique et environnementale. Certes, son implantation exige plus de soin et ses rendements bruts peuvent parfois être en retrait de la luzerne en culture pure multi-coupes. Mais ses bénéfices sur la santé animale, la gestion du risque et l’environnement en font un allié de choix pour des systèmes fourragers performants et durables.
Lotier corniculé — pâturage & fauche
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Le lotier provoque t il le ballonnement ?
Non. Les guides techniques indiquent clairement que le lotier ne cause pas de ballonnement (« Trefoil does not cause bloat »). En pratique, cela autorise des entrées plus précoces et des charges instantanées plus élevées qu’avec luzerne/trèfle, surtout en pâturage tournant. Conservez toutefois de la fibre efficace (un paddock de repos ou un foin grossier à disposition) et évitez les chocs alimentaires. Respecter un résiduel ≥ 7,5 cm protège les bourgeons axillaires et sécurise la repousse. (Null & Wheaton, 1993–2021; Undersander et al., 1993)
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Quelle hauteur résiduelle et quelle fréquence de passage viser ?
Visez ≥ 3 po (7,5 cm) après pâturage ou fauche. Le lotier redémarre depuis des bourgeons axillaires portés sur les tiges : si on rase trop, la repousse ralentit et la persistance décline. Sur prairies établies, planifiez ≈ 35–40 jours entre passages (ou ~6 semaines entre coupes) et cessez le pâturage vers la mi‑août pour reconstituer les réserves avant l’hiver. En fauche, ciblez début‑floraison, puis mi‑floraison ensuite. (Undersander et al., 1993; Penn State Extension, 2013)
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Quelles fenêtres de semis, quelles doses et faut il inoculer ?
La fenêtre la plus sûre est fin d’hiver/début de printemps. Dosez 4–5 lb/ac et inoculez systématiquement avec le Rhizobium spécifique (semence pré‑inoculée ou inoculum + « sticker »). Le lotier est lent les 60–90 premiers jours : contrôlez la compétition (nurse crop clipé/grazé, désherbage ciblé) et évitez l’azote au semis. Côté sol, un pH (eau) ≥ 5,5 améliore nettement l’implantation. (Null & Wheaton, 1993–2021)
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Quels mélanges donnent le plus de lait/ha ?
Dans un essai multi‑sites (Lévis, Normandin, Nappan) évalué avec MILK2013 sur 5 ans, lotier + brome des prés arrive en tête pour la production de lait/ha. Choisissez la graminée en fonction du rythme de coupe (dactyle/ivraie si ≥ 4 coupes; fléole/brome si ≤ 3) et surveillez les espèces très « sod‑forming » (brome, fétuque) qui peuvent évincer le lotier sans gestion serrée. (CRAAQ, 2018; Penn State Extension, 2013)
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Les tanins du lotier, ça change quoi pour la vache et l’environnement ?
Une méta‑analyse (58 essais) conclut que les tanins condensés réduisent NH₃ ruminale (~−16 %), urée du lait (~−9 %) et N urinaire (~−11 %), sans effet significatif sur le lait corrigé ni la NUE. Concrètement, plus d’azote passe dans les fèces et moins dans l’urine, ce qui tend à réduire les émissions (NH₃/N₂O) après épandage ou en bâtiment. À l’échelle du troupeau, cela améliore la maîtrise de l’azote sans dégrader les performances. (Herremans et al., 2020)
Références citées:
Bélanger, G., Tremblay, G., Papadopoulos, Y., Duynisveld, J., Lajeunesse, J., Lafrenière, C., et Fillmore, S. 2018. Mélanges fourragers adaptés au pâturage. Conférence présentée dans le cadre du « Colloque sur les plates fourragères ». https://www.agrireseau.net/documents/Document_97126.pdf
Burton, S., Clarke, A., & Carroll, K. 2016. Forage Fact #105: Why is Birdsfoot Trefoil Called “The Pasture Legume”? Peace River Forage Association of British Columbia. https://www.agrireseau.net/documents/Document_97126.pdf
Darby, H., Ziegler, S., Krezinski, I., Malone, R., & Ruhl, L. (2019). Legume Variety Trial. Northwest Crops & Soils Program, UVM Extension, University of Vermont. https://scholarworks.uvm.edu/nwcsp/345.
Government of Manitoba. (2021). Birdsfoot trefoil seed production. Manitoba Agriculture. https://www.gov.mb.ca/agriculture/crops/crop-management/forages/birdsfoot-trefoil-seed-production.html
Herremans, S., Vanwindekens, F., Decruyenaere, V., Beckers, Y., & Froidmont, E. (2020). Effect of dietary tannins on milk yield and composition, nitrogen partitioning and nitrogen use efficiency of lactating dairy cows: A meta-analysis. Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition, 104(4), 1209–1218.
Jayanegara, A. and Palupi, E. 2010. Condensed Tannin Effects on Nitrogen Digestion in Ruminants: A Meta-analysis from in Vitro and in Vivo Studies. Media Peternakan 33(3): 176-181 https://www.researchgate.net/publication/50589992_Condensed_Tannin_Effects_on_Nitrogen_Digestion_in_Ruminants_A_Meta-analysis_from_in_Vitro_and_in_Vivo_Studies
Johansen, M., Lund, P. and Weisbjerg, M.R. 2018. Feed intake and milk production in dairy cows fed different grass and legume species: a meta-analysis. Animal 12(1): 66-75.
McMahon, L. R., McAllister, T. A., Berg, B. P., Majak, W., Acharya, S. N., Popp, J. D., Coulman, B. E., Wang, Y., & Cheng, K.-J. (2000). A review of the effects of forage condensed tannins on ruminal fermentation and bloat in grazing cattle. Canadian Journal of Plant Science, 80(3), 469–485.
Null, D.E., and Wheaton H.M. 1993. Birdfoot Trefoil. Extension University of Missouri.
Penn State Extension. 2013. Harvest Management of Birdsfoot Trefoil. https://extension.psu.edu/harvest-management-of-birdsfoot-trefoil
Piluzza, G., Sulas, L., & Bullitta, S. (2013). Tannins in forage plants and their role in animal husbandry and environmental sustainability: A review. Grass and Forage Science, 69(1), 32–48.
Undersander, D., Greub, L., Leep, R., Beuselinck, P., Wedberg, J., Smith, D., Kelling, K., Doll, J., Cosgrove, D., Grau, C., Peterson, S., Wipfli, M., and English J. (1993). Birdsfoot trefoil for grazing and harvested forage. North Central Regional Extension 474. https://cropsandsoils.extension.wisc.edu/files/2022/11/NCR474-Birdsfoot-Trefoil-for-Grazing.pdf